Autopsie Bovine en clos d'équarrissage

 

En 1974 profitant de la proximité d’un site d’équarrissage et d’une relation amicale avec son président-directeur, les Docteurs HAUET et GODIN, vétérinaires historiques de Wassigny, proposent à leurs clients de réaliser gratuitement les autopsies de bovins adultes sur ce site plutôt qu’à la ferme. Les problèmes de logistique résolus, la mise à disposition de personnel et de matériel par l’équarrissage permettent de réaliser ces autopsies dans des conditions techniques et sanitaires bien meilleures qu’à la ferme.

La prise de conscience qu’une autopsie est  un élément de diagnostic  important entraina dans les années suivantes une augmentation très rapide des demandes au sein de la clientèle. Un peu avant 1980, l’intérêt croissant de ces examens post-mortem et l’expertise acquise permirent d'étendre ce service aux clientèles vétérinaires voisines, moyennant honoraires.

Le développement  de la zone de collecte de l’équarrissage, ainsi que le sérieux et la qualité du service fourni entraina une demande de plus en plus importante au fil des années. En 1991, le Docteur VANDER MASSEN prend la succession du Docteur HAUET, et pérennise cette activité avec le Docteur GODIN.

 

Notre Cabinet se trouve à proximité immédiate du site ATEMAX (Groupe AKIOLIS) de Vénérolles (02510), et nous y intervenons chaque jour pour réaliser les autopsies de bovins et de petits ruminants à la demande des éleveurs. Nous effectuons environ 500 autopsies par an.

Attention, depuis 2012, les autopsies d'équidés ne sont plus possible au clos d'équarrisage de Vénérolles.

L'autopsie est un examen précieux pour préciser les causes de la mort d'un animal. Extrêmement utile pour orienter le diagnostic et la prise en charge lors de mortalité en série, l'autopsie peut aussi être demandée lors de perte subite et inexpliquée afin de surveiller les causes de décès dans l'élevage et d'intervenir en amont lorsque des mesures correctives sont possibles. L'autopsie peut également être réalisée à la demande du vétérinaire traitant afin de confirmer ou d'infirmer une hypothèse diagnostique émise lors de la prise en charge d'un animal.

Enfin, nous intervenons également sur demande des compagnies d'assurance afin de procéder à des expertises sur des dossiers litigieux ou en cas de suspicion de fulguration par exemple. Dans ce cas précis, une procédure spécifique implique pour l'éleveur de contacter en premier lieu sa compagnie afin de réaliser une déclaration de sinistre. Celle-ci diligentera sur place un expert afin de réaliser les constatations d'usage. Celui-ci peut réaliser l'autopsie sur place ou nous la déléguer au clos d'équarrissage. La demande d'enlèvement ne devra être faite qu'après passage de l'expert. Le corps de l'animal ne doit pas être déplacé.

 

 

Comment procéder pour demander une autopsie ?

https://www.gdshautsdefrance.fr/wp-content/uploads/2018/07/logoGDS-HDF.pngDepuis 2012, la procédure de demande d'une autopsie a changé. Vous devez désormais contacter le GDS de votre département afin de faire la demande d'examen nécropsique. Le GDS procède ensuite à la demande d'enlèvement du cadavre et nous transmet les informations afin que nous puissions intervenir pour la réalisation de l'autopsie. En aucun cas une autopsie ne pourra être réalisée si elle n'a pas été demandée par l'intermédiaire du GDS.

 

Peut-on réaliser des prélèvements lors d'une autopsie ?

Un certain nombre de prélèvements peuvent être réalisés lors d'une autopsie.

Les prélèvements de tissus en vue d'un examen histo-pathologique donnent malheureusement et en règle générale de mauvais résultats, à cause de l'autolyse (dégradation naturelle des tissus après le décès) et de la putréfaction (action des bactéries sur les tissus morts). Dans de rares cas, si le délai entre la mort de l'animal et la collecte est très court, cet examen peut être tenté. Dans tous les cas, nous restons seuls juges en fonction du degré de conservation du cadavre pour décider de la pertinence ou non de ce prélèvement. Nous travaillons pour cet examen avec le Laboratoire de Pathologie Vétérinaire du Nord.

Les prélèvements d'organes ou de contenu digestifs en vue de réaliser des recherches toxicologiques donnent par contre le plus souvent des résultats tout à fait interprétables. Ils permettent de confirmer ou d'infirmer une suspicion d'intoxication (par exemple, par les métaux lourds, les molécules pesticides, ou certains toxiques végétaux comme l'if). Ces prélèvements sont conditionnés et envoyés par nos soins directement au Laboratoire de Toxicologie Vétérinaire de Vet Agro Sup (Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon). La toxicologie est un domaine vaste, et la réalisation d'un screening (recherche de toxiques exhaustive, à l'aveugle) représente un coût prohibitif. Il est indispensable de disposer de renseignements précis concernant les circonstances du décès, et le dialogue avec le vétérinaire traitant de l'exploitation s'avère la plupart du temps indispensable afin d'orienter les analyses.

Les prélèvements de contenu digestif en vue de réaliser une recherche de toxine botulique, lors de suspicion de botulisme dans un élevage, sont également possibles et transmis au Centre National de Référence des Bactéries Anaérobies et du Botulisme de l'Institut Pasteur. Comme pour les analyses toxicologiques, le coût important de cette analyse nécessite que le vétérinaire traitant de l'exploitation pose une suspicion clinique de la maladie.

Les prélèvements pour la réalisation d'analyses par PCR sont possibles dans certains cas : par exemple, la détection du virus de la BVD sur un échantillon de rate, ou de Mycobacterium paratuberculosis sur la valvule ileo-caecale est possible.

Les prélèvements en vue d'analyse bactériologique donnent quand à eux de piètres résultats, la putréfaction provoquant une polycontamination des organes et interdisant tout isolement bactérien. Cas particulier, la recherche de Listeria sur le tronc cérébral lorsqu'une listériose est suspectée donne des résultats intéressants. Dans ce cas, nous faisons parvenir le prélèvement au Laboratoire Départemental d'Analyse et de Recherche (LDAR) de l'Aisne. Les prélèvements de contenus digestifs lors de suspicions d'entérotoxémie en vue de réaliser un dénombrement clostridien sont impossibles en clos d'équarrissage à cause du délai d'acheminement des cadavres. Ils doivent être réalisés sur place, au sein de l'élevage, dans les 6 heures suivant la mort, afin de pouvoir être interprétés.

Nous pouvons enfin être amenés à la demande d'une Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations, à pratiquer des prélèvements de noeuds lymphatiques et de lésions pour la réaliser d'un examen bactérioscopique avec coloration de Ziehl-Nielssen et d'une histo-pathologie, en cas de suspicion de tuberculose bovine.

 

 

 

Nos vétérinaires intervenant en autopsie

Dr Luc VANDER MASSEN

Diplômé de la Faculté de Médecine Vétérinaire de Liège (1981)

Dr Laurent GHYSELINCK

Diplômé de l'Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort (2003) et de la Faculté de Médecine de Créteil (2006)

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